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KPI (Indicateur clé de performance)

KPI (Indicateur clé de performance) : définition

Un KPI, ou indicateur clé de performance (Key Performance Indicator), désigne une mesure quantifiable retenue pour suivre la progression vers un objectif prioritaire. Une métrique est une mesure ou un calcul quantifiable ; elle devient un KPI lorsqu’elle est sélectionnée comme indicateur de référence pour évaluer un objectif donné. Le nombre de vues d’une page constitue ainsi une métrique. Son taux de conversion devient un KPI lorsqu’il est explicitement suivi pour évaluer l’atteinte d’un objectif commercial.

Origine et formalisation du concept

La mesure de la performance au moyen d’indicateurs est antérieure à l’emploi contemporain du terme KPI et s’inscrit notamment dans l’histoire du contrôle de gestion et des tableaux de bord. Une contribution majeure à sa formalisation stratégique est le Balanced Scorecard, ou tableau de bord prospectif, présenté par Robert Kaplan et David Norton en 1992.

Leur modèle propose d’observer la performance selon quatre perspectives complémentaires : financière, client, processus internes, et innovation et apprentissage. Il a contribué à diffuser l’idée qu’un système de pilotage ne devait pas reposer uniquement sur des résultats financiers passés, mais sur un ensemble limité de mesures reliées aux priorités de l’organisation.

Relier un KPI à un objectif SMART

Un KPI n’est utile que s’il mesure un objectif suffisamment précis. Le cadre SMART, proposé par George T. Doran en 1981 pour la formulation d’objectifs managériaux, constitue un repère fréquent. Dans sa version originale, l’acronyme désigne un objectif spécifique, mesurable, assignable, réaliste et défini dans le temps. Des variantes ultérieures ont notamment remplacé « assignable » par « atteignable » et « réaliste » par « pertinent ».

SMART qualifie donc d’abord l’objectif et non l’indicateur lui-même. Le KPI associé doit, quant à lui, être clairement défini, calculé à partir de données suffisamment fiables et comparable dans le temps. Par exemple, « augmenter le taux de conversion de 3% à 4% avant la fin du trimestre » constitue un objectif, tandis que le taux de conversion est le KPI utilisé pour en suivre la progression.

Indicateurs avancés et indicateurs retardés

Les KPI peuvent également être distingués selon leur position dans la chaîne menant au résultat final. Un indicateur retardé (lagging indicator) décrit un résultat déjà observé, comme le chiffre d’affaires réalisé au cours d’un trimestre. Il ne permet plus d’agir sur la période mesurée, mais sert à constater le niveau de performance atteint.

Un indicateur avancé (leading indicator) suit une activité, un comportement ou un facteur susceptible de précéder ou d’influencer ce résultat, comme le nombre de rendez-vous commerciaux qualifiés. Il est généralement plus actionnable, mais sa relation avec le résultat final doit être vérifiée plutôt que supposée. Un dispositif de pilotage peut combiner les deux catégories afin de suivre à la fois les résultats et leurs déterminants potentiels.

Catégories principales

Les KPI peuvent être regroupés selon le domaine qu’ils couvrent. Les indicateurs financiers portent notamment sur la marge, la rentabilité ou les coûts. Les indicateurs opérationnels suivent par exemple les délais, la productivité ou les taux d’erreur. Les indicateurs commerciaux et marketing comprennent notamment le taux de conversion, le coût d’acquisition, le coût par lead ou le taux de rétention.

L’analyse des performances marketing étudie la démarche permettant de sélectionner, comparer et interpréter ces indicateurs dans le temps.

Limites

Un indicateur mal choisi peut orienter les comportements vers l’optimisation de la mesure elle-même plutôt que vers l’objectif qu’elle est censée représenter. Ce phénomène est couramment résumé par une reformulation de la loi de Goodhart : lorsqu’une mesure devient une cible, elle tend à perdre sa qualité comme indicateur.

Le suivi exclusif du nombre de leads générés peut, par exemple, inciter à privilégier le volume au détriment de la qualification si aucun critère complémentaire ne porte sur leur pertinence ou leur progression commerciale. Pour piloter une performance complexe, un KPI gagne donc généralement à être replacé dans un ensemble limité d’indicateurs complémentaires.

Voir aussi

Analyse des performances marketing
ROI (Retour sur investissement)
Taux de conversion

Sources et références

Kaplan, R. S. et Norton, D. P. (1992). The Balanced Scorecard: Measures That Drive Performance. Harvard Business Review, 70(1), 71-79.

Doran, G. T. (1981). There’s a S.M.A.R.T. Way to Write Management’s Goals and Objectives. Management Review, 70(11), 35-36. Proposition initiale des critères SMART appliqués à la formulation d’objectifs managériaux.

Goodhart, C. A. E. (1975). Problems of Monetary Management: The U.K. Experience. Dans Papers in Monetary Economics, Reserve Bank of Australia. Texte à l’origine du principe ultérieurement connu sous le nom de loi de Goodhart.

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